Étiquette : littérature

Ravitaillement #18

Après plusieurs mois sans achats livresques – il faut savoir être raisonnable de temps en temps -, j’ai craqué et de nouveaux romans ont rejoint ma PAL aux côtés de ceux que j’ai reçus en cadeau à Noël et dont j’avais oublié de vous parler.

Mon butin de fin d’année donc:

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« Silo » ( tome 1 ), de Hugh Howey.

Le résumé: « Dans un futur indéterminé, des survivants vivent depuis plusieurs générations dans un immense silo creusé dans la terre, à l’abri d’une atmosphère devenue toxique. Seul un immense écran relayant les images filmées par des caméras les relie au monde extérieur. Lorsque cette société bannit l’un des siens, il est envoyé dehors, vers une mort certaine, et pourtant, tous sans exception vont, avant de mourir, nettoyer les capteurs des caméras. Pourquoi ?« 

Depuis quelques temps je prends plaisir à lire des romans de science-fiction et le résumé de celui-ci m’a fait de l’œil. Il faut dire qu’il n’est pas sans rappeler une des problématiques de la fameuse série « Les 100 » et que, vu comment les choses avancent dans notre monde en ce moment ( notamment en matière de pollution ), une telle situation me paraît tout à fait crédible.
A côté de ça je ne connais pas du tout l’auteur donc ce sera une totale découverte.

« Harry Potter et l’enfant maudit », de J.K Rowling, John Tiffany et Jack Thorne.

Le résumé: « Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du Ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu.
Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.« 

Une explication est-elle vraiment nécessaire? ^^
J’ai entrepris la lecture des 7 tomes de Harry Potter il y a deux ans ( si je ne me trompe pas ) et je ne pouvais évidemment pas passer à côté de celui-ci même si, comme vous le savez, il s’agit du texte de la pièce et non d’un roman.
J’aime tellement cet univers que j’ai fait durer le plaisir en ne lisant qu’un tome tous les deux ou trois mois; je viens d’ailleurs tout juste de finir le n°7 et j’appréhende de ne plus rien avoir à lire.

Mes nouveaux achats:

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« Déboire », de Augusten Burroughs.

Le résumé: « Augusten, autodidacte ambitieux et la vingtaine bien tapée, se trouve propulsé comme créatif dans l’univers impitoyable de la publicité à New York. Seulement voilà, toujours hanté par les démons de son passé, le jeune homme voue un amour immodéré à l’alcool sous tous ses dérivés. Une tare qui l’expulse illico de sa boîte de Pandore pour le catapulter dans un centre de désintoxication aussi gay qu’invraisemblable et tout bonnement décalé…« 

J’ai découvert cet auteur américain totalement par hasard il y a une dizaine d’années en jetant mon dévolu sur son son roman autobiographique « Courir avec des ciseaux », et je suis tout de suite tombée sous le charme de son style inimitable. J’avais du coup enchaîné peu de temps après avec « Effets secondaires probables ».
Je poursuis donc ma découverte de l’univers d’Augusten Burroughs avec « Déboire », qui est en fait paru entre les deux que j’ai précédemment lus, et je ne doute pas de passer un excellent moment de lecture en sa compagnie.

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-« Terremer », de Ursula K. Le Guin.

Le résumé: « Ici, il y a des dragons. Il y a des enchanteurs, une mer immense et des îles. Ged, simple gardien de chèvres sur l’île de Gont, a le don. Il va devenir au terme d’une longue initiation, en traversant nombre d’épreuves redoutables, le plus grand sorcier de Terremer, l’Archimage.« 

Je ne connaissais cette saga fantasy que de nom jusqu’à ce que la mort de l’auteure, il y a peu, m’incite à me pencher sur son travail. J’ai hésité entre acheté ce livre – qui regroupe en fait les trois premiers tomes du cycle de Terremer – et regardé l’adaptation animée de Goro Miyazaki « Les contes de Terremer ». Je me suis finalement dit qu’une lecture de l’original était plus appropriée pour me faire une idée juste du talent de Ursula K. Le Guin ( salué à de nombreuses reprises par ses pairs ).

Voilà, 4 nouveaux livres donc, en plus de ceux qui patientent depuis un petit moment déjà en attendant que je sois d’humeur à les lire ( parce que oui, c’est essentiellement mon état d’esprit du moment qui guide mes lectures ).

 

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Point lecture

Je n’ai pas été très présente ces derniers mois et je me suis rendue compte que mon dernier avis livresque remonte au mois de mai. Je n’ai toutefois pas arrêté de lire, mais je ne suis plus aussi disponible qu’avant pour partager mon ressenti en détails et, je dois bien l’avouer, l’envie de le faire m’a(vait) quelque peu quittée.
Je pense quand même que faire le point sur mes dernières lectures est une bonne façon de commencer cette nouvelle année.
En route donc!

Au printemps j’ai lu:

« Annabel », de Kathleen Winter.

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Le résumé: « 1968, un bourg côtier du Labrador au Canada. Un enfant naît, ni garçon ni fille. Intersexué. Ils sont trois à partager ce secret : les parents et une voisine de confiance. On décide de faire opérer l’enfant ; ce sera Wayne – le choix du père. Mais dans l’eau trouble de l’adolescence, son moi caché, cette Annabel qui l’accompagne comme une ombre, réapparaît. Et avec elle, la vérité. Un magnifique roman sur la différence et l’identité, porté par une langue poétique où vibrent intimement la Nature et les êtres. »

J’avais hâte de lire ce livre car, vous le savez désormais, l’intersexualité et le transgendérisme sont des sujets qui m’intéressent particulièrement. Et les excellentes critiques qui se multipliaient sur internet m’ont confortée dans ma décision.
J’avais finalement peut-être un peu trop d’attentes et j’ai été déçue par cette lecture. Autant j’ai adoré la première partie – qui s’intéresse particulièrement à Wayne et à sa relation avec ses parents -, autant je n’ai pas été convaincue par la seconde – lorsque Wayne quitte sa famille pour vivre en ville -, la trouvant notamment trop sombre et moins intimiste.

Au début de l’été j’ai lu:

-la trilogie « Partials », de Dan Wells ( tomes 1,2 et 3 donc ).

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Le résumé: « Un virus. La guerre contre les Partials ces êtres mi-humains, mi-robots a décimé la population. Seuls quelques milliers retranchés à Long Island ont survécu. Et le virus mystérieux le RM les tue petit à petit. Chaque nouveau-né vit moins d une journée si ce n est quelques minutes. La race humaine s éteint inexorablement et aucun médecin n a de remède.
Un espoir. Dans cette atmosphère désespérée, Kira, jeune interne en médecine, a une nouvelle hypothèse. Pourquoi les Partials sont-ils naturellement immunisés contre le RM ? Et si la solution venait de l ennemi juré lui-même ?
Une héroïne. Kira se lance alors dans une expédition au risque de devenir une hors-la-loi. Infiltrer les Partials, en capturer un et le ramener à long Island pour l étudier et peut-être, trouver un antidote. Mais le pari est risqué : soit elle réussit et sauve l humanité, soit elle échoue et sera considérée comme une terroriste par son propre gouvernement. À moins que ce soient les Partials eux-mêmes qui ne la tuent… »

Je ne savais pas grand chose de cette saga avant de commencer à la lire, j’avais juste aimé le résumé et décidé de tenter l’aventure avec le premier tome. Il se trouve que j’ai tout de suite accroché à l’histoire, et qu’une fois la première partie terminée j’ai tout de suite enchaîné avec la suivante et la dernière.
Comme le résumé l’explique il s’agit d’une dystopie dont l’héroïne est une ado mais toute ressemblance possible avec une autre saga s’arrête là. C’est d’ailleurs ce qui m’a plu, je n’ai jamais eu l’impression d’un « déjà lu/vu » et, même s’il y a une romance au cœur de l’intrigue, elle n’occupe qu’une toute petite place, loin derrière la quête d’identité et de vérité du personnage principal.
Une bonne surprise donc.

A la fin de l’été j’ai lu:

« Thérèse Raquin », de Zola.

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Le résumé: « Le Paris des pauvres, sous le Second Empire.
A l’ombre de Notre-Dame, impasse du Pont Neuf, une mercerie misérable. Depuis trois ans, Thérèse vit là, silencieuse; passive, comme endormie, entre sa belle-mère et son mari – Camille, un petit employé maladif et laid.
C’est le mari qui, un soir, ramène un ami d’enfance croisé par hasard: Laurent. Jeune, sanguin, vigoureux, tous les appétits. Alors Thérèse soudain s’éveille, devient belle, brûle. Sa frénésie charnelle envoûte Laurent. Et quand leurs rencontres clandestines
sont menacées, ils sont prêts à tout.
Un dimanche, du côté de Saint-Ouen sur Seine, le mari berné, l’épouse et l’amant iront faire une « partie de canot »… Thérèse et Laurent reviennent seuls. Froids, presque hostiles, la mémoire déjà hantée d’images et de cris… »

« Thérèse Raquin » faisait partie de ces classiques que je n’avais pas encore lus, j’ai donc réparé cette lacune. Mais, contrairement au « Horla » de Maupassant que j’ai dévoré avec plaisir, ce roman de Zola n’a pas été une lecture particulièrement agréable. J’ai même failli renoncer à plusieurs reprise, notamment à cause de l’écriture qui m’a paru trop « lourde » et répétitive. L’histoire en elle-même est intéressante, l’analyse de la psychologie des personnages aussi, mais l’ensemble ne m’a vraiment pas emballée.

« Harry Potter et le prince de sang mêlé », de J.K Rowling.

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Le résumé: « Dans un monde de plus en plus inquiétant, Harry se prépare à retrouver Ron et Hermione. Bientôt, ce sera la rentrée à Poudlard, avec les autres étudiants de sixième année. Mais pourquoi le professeur Dumbledore vient-il en personne chercher Harry chez les Dursley? Dans quels extraordinaires voyages au cœur de la mémoire va-t-il l’entraîner ? »

Suite de mon périple Harry Potter que, contrairement à la majorité d’entre vous, j’ai commencé bien tard. J’ai en effet d’abord découvert le monde des sorciers via les adaptations des romans au cinéma.
Je connaissais donc déjà les grandes lignes de l’histoire mais les livres sont évidemment bien plus complets et apportent un éclairage différent, bien plus précis et fourni.
Ce tome-là marque un tournant dans l’intrigue et il est à ce titre incontournable.
J’aime tellement cet univers que je prends tout mon temps pour parcourir chacun des tomes, je n’ai donc pas encore fini ( mais presque hélas ) et c’est très bien comme ça!

En automne j’ai lu:

« Culottées » (t.2), la BD de Pénélope Bagieu.

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Le résumé: « Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent : deuxième volet ! Sonita, rappeuse afghane et exilée militante ; Thérèse, bienfaitrice des mamies parisiennes ; Nellie, journaliste d’investigation au XIXe siècle ; Cheryl, athlète marathonienne ; Phulan, reine des bandits et figure des opprimés en Inde… « Les Culottées » ont fait voler en éclat les préjugés. Quinze nouveaux portraits drôles et sensibles de femmes contemporaines qui ont inventé leur destin. »

J’ai reçu ce livre en échange d’une critique publiée sur le site Lecteurs.com.
J’avais lu pas mal d’articles sur cette série de BD et je connaissais Pénélope Bagieu depuis un petit moment déjà, mais je n’avais pas eu la chance de lire le premier tome, ça a donc été une totale découverte.
Le livre en lui-même est magnifique et son contenu vaut largement le détour, c’est un véritable hymne à la féminité! Pour ceux qui, comme moi, adorent apprendre sur tout et tout le monde ( personnages historiques bien sûr, par mes voisins de palier ^^ ), c’est un pur bonheur. Je ne connaissais pas la moitié des femmes dont Pénélope fait le portrait et j’ai aimé prendre la mesure de l’impact qu’elles ont eu sur leur environnement et leur époque.
Une super lecture donc.

« Retour en Irlande », de Maeve Binchy.

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Le résumé: « Petite ville d’Irlande proche de Dublin, Mountfern est en ébullition : Fernscourt, autrefois la demeure d’une famille protestante haïe des gens du pays et aujourd’hui en ruine, vient d’être rachetée par un étranger, un riche Américain ayant l’intention de la transformer en hôtel. Patrick O’Neill, homme d’affaires, vient pour y retrouver ses racines. Ce « retour » est une victoire, une revanche, presque une vengeance. En effet, son grand-père a autrefois été chassé de Mountfern par les propriétaires de Fernscourt. Aujourd’hui, la bâtisse est à lui, et c’est là qu’il veut s’installer pour toujours. Pendant quatre années, émaillées de joies et de peines, de drames parfois, Patrick va tout faire pour réaliser son rêve d’enfant. »

J’avais acheté ce livre lors d’une vente solidaire pour la seule et unique bonne raison qu’il parlait de l’Irlande.
Au premier abord l’histoire ne paye pas de mine, mais on se laisse vite absorber par le destin des habitants de Mountfern, petite bourgade typique du cœur de l’Irlande où tout le monde se connait et où rien ne change vraiment. Plus que le récit du retour au pays de Patrick O’Neill, ce roman est en fait la chronique de l’Irlande populaire des années 60, et ses pages se tournent avec plaisir, émaillées çà et là de rebondissements qui tiennent habilement le lecteur en haleine.
Ce n’est pas le roman du siècle mais j’ai passé un bon moment en sa compagnie.

« Miss Peregrine et les enfants particulier – Hollow City », de Ransom Riggs.

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Le résumé: « Jacob et les enfants particuliers sont désemparés : Miss Peregrine, changée en Oiseau, est prisonnière de son état, suite à l’attaque des Estres, des âmes damnés, sur l’île de Cainholm. Les voilà donc livrés à eux-mêmes !
Après avoir essuyé une tempête entre Cainholm et le continent, Jacob et ses amis s’échouent sur une rive de Grande-Bretagne, en 1940, alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage. Ils sont aussitôt pris en chasse par des Estres déguisés en soldats, qui veulent à tout prix capturer l’Oiseau.
Les enfants fuient à travers la forêt, et se réfugient dans une boucle temporelle abandonnée par une certaine Miss Wren. Là vit une curieuse ménagerie d’animaux singuliers. Parmi eux, Addison, un chien parlant, un ému-rafe croisement improbable entre une girafe et un âne , des poules qui pondent des oeufs explosifs, et un chimpanzé fantasque. Addison leur explique que Miss Wren est partie à Londres pour tenter de libérer ses soeurs Ombrunes, capturées par les Estres. Et il leur apprend que c’est la dernière Ombrune en liberté.
Jacob, Emma, Enoch, Olive, Bronwyn, Millard, Horace, Hugh décident de la rejoindre au plus vite, car elle est la seule personne capable de redonner à la directrice de l’orphelinat sa forme humaine. »

J’avais lu le premier tome en 2016 et, même si ça n’avait pas été un coup de cœur, j’avais bien aimé découvrir les péripéties de Jacob et des enfants particuliers. Et, quand j’avais appris que Tim Burton s’attaquait à son adaptation au cinéma j’avais laissé échappé un cri de joie… avant de ressortir archi déçue de la séance de ciné parce qu’il en avait fait un film pour enfants alors qu’à mes yeux l’histoire était nettement plus sombre et sérieuse.
J’avais donc décidé de découvrir la suite en livre plutôt que sur écran, et j’ai bien plus apprécié ce deuxième opus.
J’ai trouvé l’histoire plus intéressante, notamment parce que Jacob entre réellement en action, et apprécié le suspens quasi permanent et les révélations faites aux enfants.
Pour finir, le livre est toujours aussi beau avec toutes ces photos qui émaillent le récit et lui donnent un air d’objet ancien.

-« Compagnons du nouveau monde », ( t.5 de la saga « Les colonnes du ciel ) de Bernard Clavel.

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Le résumé: « Il n’a pas pu résister à l’appel de la route. Il savait qu’il briserait le cœur de Marie et que, dans la forêt de Chaux, rien ne serait plus jamais pareil, mais Bisontin est finalement parti. Loin, très loin. Il s’est embarqué pour le Nouveau Monde avec Dolois-Cœur-en-Joie, l’ami compagnon, et Séverine, la petite Malouine, dont il est profondément épris.À Québec, ils commencent une nouvelle vie encore une fois dans des conditions terriblement rudes. Ici il leur faut se protéger des élans furieux d’une nature indomptée, des Iroquois, des jésuites qui édictent leurs lois et surtout des coups incessants d’un destin qui semble bien décidé à continuer de les malmener… »

J’avais trouvé ce livre lors que la même vente solidaire que « Retour en Irlande » de Maeve Binchy. Je connaissais Bernard Clavel de nom mais je n’avais rien lu de lui, et je ne connaissais pas la saga dont est issu ce roman, mais une lecture sur l’installation de colons au Québec me tentait et je me suis lancée.
J’ai passé un agréable moment en compagnie de Bisontin et je me suis fait une petite idée de la réalité de la vie des colons qui ont œuvré à l’édification des premières villes du Canada, mais j’ai trouvé l’écriture datée et regretté la fin abrupte.
Ce n’est donc pas un livre qui me restera en mémoire.

Au début de l’hiver j’ai lu:

« Le vide de nos cœurs », de Jasmine Warga.

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Le résumé: « À 16 ans, Aysel n’a qu’une obsession : planifier sa propre mort à la perfection. Entre sa mère qui la regarde à peine, ses camarades de lycée qui l’évitent, et son père responsable de l’accident fatal qui a marqué sa petite ville à jamais, pour Aysel la vie est devenue trop lourde à supporter. Seul problème, elle n’est pas sûre d’y arriver seule.C’est alors qu’elle découvre Suicide Partners, un site qui lui permettra de trouver le compagnon idéal. Et c’est FrozenRobot, alias Roman, victime d’une tragédie familiale, sur qui elle jette son dévolu. Aysel et Roman n’ont rien en commun, mais ils commencent à apprivoiser leurs failles.Alors que la date fatidique approche, Aysel va devoir choisir entre son envie de mourir et celle de convaincre Roman qu’il ne devrait pas se sacrifier.Et Roman n’est pas du genre facile à persuader… »

J’avais trouvé ce livre dans un magasin de déstockage. Je m’étais laissée séduire par la couverture et le résumé, sans pour autant avoir trop d’attentes parce qu’en général ce genre de littérature me laisse froide.
Mais je dois avouer que j’ai été agréablement surprise et que j’ai dévoré ce roman en quelques jours.
L’histoire n’a en elle même pas grand chose d’original, et on se doute dés le début qu’il va y avoir une histoire d’amour, mais la construction du récit est intéressante ( tout se déroule suivant un compte à rebours lancé par le personnage principal ) et les choses sont amenées plutôt habilement. Le thème du suicide des jeunes est évidemment toujours d’actualité et l’auteur l’aborde sans misérabilisme, en toute simplicité et avec humanité. Et, pour ne rien gâcher, la fin n’est pas si happy qu’on pourrait le penser au début.

« 1984 », de George Orwell.

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Le résumé: « De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance. Seule comptait la Police de la Pensée. »

Encore un classique que je n’avais jamais lu et que je jugeais indispensable à ma culture générale.
J’ai eu énormément de mal à rentrer dans l’histoire, les 100 premières pages ont été laborieuses, mais je me suis finalement laissée prendre par l’histoire de Winston. J’ai cependant trouvé l’écriture ( presque ) impénétrable et, même si le propos est évidemment plus d’actualité que jamais, les détails politiques expliquant le régime en place ont failli me perdre à plusieurs reprises. Et, là aussi, la fin m’a laissée sur ma faim ( même s’il est aisé de deviner de quelle façon se finit réellement le destin de Winston ).

 

De nos vies entremêlées

J’ai lu « Assez de bleu dans le ciel » de Maggie O’Farrell.

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Le résumé: « Une maison à des kilomètres de tout.
Autour, rien que l’herbe verte, les trembles aux feuilles chargées de pluie et le ciel changeant du Donegal. Ce refuge, Daniel Sullivan s’apprête à le quitter le temps d’une semaine pour se rendre aux États-Unis, son pays d’origine. C’est l’anniversaire de son père, qu’il n’a pas vu depuis des années.
Dans la voiture qui le conduit à l’aéroport, une voix retentit à la radio : celle d’une femme dont il est sans nouvelles depuis vingt ans, son premier amour.
Les souvenirs se déversent. Replonger dans le passé, comprendre ce qui le pousse à abandonner ceux qu’il aime, Daniel ne pense plus qu’à ça.
Mais il y a son épouse Claudette, star de cinéma fantasque, passionnée, qui a choisi d’organiser sa propre disparition pour échapper au monde. Comment lui révéler l’homme qu’il est véritablement ? Que peut-il encore promettre, lui qui n’a jamais su que fuir ?« 

J’ai reçu ce livre dans le cadre d’une masse critique Babelio ( encore merci à eux et aux éditions Belfond ).

« Assez de bleu dans le ciel » est le second roman de Maggie O’Farrell que j’ai l’occasion de lire après « L’Étrange disparition d’Esme Lennox » ( qui m’avait fait l’effet d’une gifle ).
Ici l’auteure s’intéresse de près à Daniel, professeur linguiste américain à la stature imposante et à l’histoire personnelle agitée, marié à la mystérieuse et bouillonnante Claudette pour l’amour de qui il a accepté de vivre dans un coin perdu d’Irlande, au fin fond du Donegal.
On le découvre dans son quotidien, en route pour donner un cours et prendre l’avion vers son pays natal pour l’anniversaire d’un père qu’il hait plus que tout. Les enfants sont dans la voiture, Claudette ouvre tour à tour les 12 portails qui les séparent de la civilisation, et Daniel écoute distraitement la radio. La vie suit son cours donc, jusqu’à ce qu’une voix se fraie un chemin sur les ondes et l’entraîne malgré lui vers une sombre période de son passé, une période qu’il avait tout fait pour oublier.
Impossible désormais de faire semblant, Daniel est bouleversé et n’a d’autre choix que d’affronter ses démons pour préserver tout ce qu’il a construit avec Claudette.
S’en suit une périlleuse quête de vérité et de rédemption entre les États Unis, l’Angleterre et l’Irlande, où il renouera avec ses anciennes vies tout en essayant de garder son présent hors d’atteinte, faisant même le choix de taire ses motivation à la femme de sa vie… à tort ou à raison.

Comme toujours, Maggie O’Farrell déroule le destin de son personnage principal à la manière d’un peintre qui commence une nouvelle toile: les premiers coups de pinceau semblent désordonnés, déposés au hasard, puis le tableau prend peu à peu forme, les couleurs s’assemblent et, finalement, tout devient clair et évident.
On découvre donc Daniel en 2010, alors qu’il vit en Irlande avec sa femme Claudette, Ari le fils que celle-ci a eu avec Timou, son ancien compagnon cinéaste dont elle a été la muse et grâce auquel elle a connu la gloire, et leurs enfants Marithe et Calvin. Toute la famille vit heureuse dans leur maison du bout du monde et rien ne semble pouvoir troubler leur tranquillité. Mais le passé de Daniel ressurgit dans ce tableau idyllique et bouleverse l’équilibre durement gagné.
Pour nous éclairer sur sa quête désespérée et ses motivations, l’auteure nous emmène dans le passé du personnage, lorsqu’il était encore étudiant à l’université et qu’il vivait une histoire d’amour passionnelle avec Nicola Janks, celle dont la voix est venue le percuter ce fameux jour, et lorsqu’il était un père de famille dévoué auprès de ses deux premiers enfants, Niall et Phoebe, pour la garde desquels il s’est battu mais dont il a finalement été séparé pendant de trop longues années. Mais Maggie O’Farrell ne s’arrête pas là. Pour que nous saisissions bien tous les enjeux humains de l’histoire, tous ses engrenages, elle braque également son projecteur sur certains moments de la vie de Claudette, ancienne gloire du cinéma ayant fui la célébrité avec son enfant sous le bras, sur certaines des personnes qui ont croisé sa route ( son ancien compagnon, l’assistant de celui-ci, son frère… ) ou celle de Daniel ( son ancien meilleur ami Todd, son ex Nicola, ses enfants… ), et met ainsi en lumière les interactions entre chacun d’eux et les évènements qui ont fait de Claudette et Daniel ce qu’ils étaient au moment où tout a dérapé, en 2010, et ce qu’ils sont aujourd’hui en 2016.
La psychologie de chaque personnage est fouillée, aucune de leurs pensées – même les plus intimes – ne nous sont épargnées et, au final, nous n’ignorons aucun des aspects de leur vie ( aucun de ceux qui concernent l’histoire en tous cas ). C’est d’ailleurs ce qui nous les rend si proches et donne au récit une dimension particulièrement humaine.

« Assez de bleu dans le ciel » est donc un roman dense et riche, intelligemment écrit et qui touche son lecteur en plein cœur.
Le nombre de personnages et les allers-retours dans le passé peuvent déstabiliser au début mais, personnellement, c’est une des caractéristiques de l’écriture de Maggie O’Farrell que j’apprécie. Elle lui permet de distiller habilement des indices sur l’histoire et la personnalité de ses personnages tout en éveillant notre intérêt de façon exponentielle.
J’ai été touchée par Daniel, ses blessures et son lourd passé, par Claudette aussi, son charisme et sa boulimie de liberté, mais également par les personnages secondaires, chacun à leur façon ( Nicola et Niall particulièrement ). Leur histoire fait forcément écho à la notre et nous rappelle que chacun de nos choix, chacune de nos décisions, a des conséquences sur notre vie, mais aussi sur celle de nos proches.
J’ai donc passé un très agréable moment en leur compagnie et, si vous avez le goût des destins uniques et agités, émouvants surtout, je ne peux que vous le recommander.

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D’une sauvage lutte pour la liberté

J’ai lu « Red Rising », tome 1, de Pierce Brown.

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Le résumé: « Darrow n’est pas un héros. Tout ce qu’il souhaite, c’est vivre heureux avec l’amour de sa vie. Mais les Ors, les dirigeants de la Société, en ont décidé autrement. Ils lui ont tout enlevé : sa raison de vivre, ses certitudes, jusqu’à son reflet dans le miroir.
Darrow n’a plus d’autre choix que de devenir comme ceux qui l’écrasent. Pour mieux les détruire. Il va être accepté au légendaire Institut, y être formé avec l’élite des Ors, dans un terrain d’entraînement grandeur nature.
Sauf que même ce paradis est un champ de bataille. Un champ de bataille où règnent deux règles : tuer ou être tué, dominer ou être dominé. »

J’avais choisi ce livre en grande partie à cause de sa couverture ( oui, j’ai un truc avec les ailes ) et des excellentes critiques qu’il a reçues sur la toile.

« Red Rising » est le premier des trois tomes de la saga dystopique imaginée par Pierce Brown.
Le héros, Darrow, n’a pas la vie d’un adolescent classique: il vit sur Mars, au sein du groupe qui occupe la place la plus basse sur l’échelle sociale, les Rouges, est déjà marié et travaille durement à la mine. Il est un fossoyeur, le meilleur parmi ses pairs, et passe la majorité de son temps à creuser la roche dans l’espoir que ses efforts permettront aux Hommes de pouvoir enfin investir la surface de la planète.
Au sommet de la société, les Ors ne cessent en effet de marteler au petit peuple qu’ils sont la clé de la réussite de leur plan et que rien ne sera possible sans eux.
Darrow donne donc tout ce qu’il a, jours après jours, et ne se permet que peu de libertés. Et quand Eo, celle qu’il aime, l’entraîne dans un lieu interdit et lui donne un avant-goût du bonheur, il hésite, aveuglément fidèle aux principes qui lui ont été inculqués depuis toujours. Il ne comprend pas non plus quand elle lui parle de rébellion et d’opposition au pouvoir en place, tout ça est à mille lieues de ce à quoi il aspire et il refuse de mourir avant d’avoir 30 ans, comme son père avant lui.
Mais les deux jeunes gens sont découverts et, alors qu’ils sont amenés en place publique pour être fouettés, Eo entonne un chant interdit, le chant de la liberté, et bouleverse par son sacrifice la vie de son mari. Désormais plus rien ne sera comme avant et Darrow, épaulé par d’obscurs alliés, va tout mettre en œuvre pour venger sa bien-aimée et, pour la première fois, mener un Rouge à la tête d’une société qui s’est construite sur le mensonge et l’exploitation des plus faibles.

J’ai beaucoup aimé la première partie, celle où l’on découvre Darrow et, à travers lui, le destin de tous les Rouges, appelés à passer leur courte vie dans les entrailles de Mars. L’ambiance lourde et oppressante est quasiment palpable et, en tant que lecteurs, nous avons nous aussi du mal à respirer dans cet univers particulièrement sombre où le plaisir n’a pas sa place.
Darrow a une personnalité duelle, il est à la fois totalement investi dans son rôle ( il ne s’imagine d’ailleurs pas occuper une autre place que la sienne ) et tête-brûlée au travail, déjà un peu rebelle sur les bords même s’il n’en a pas encore conscience. Il est très attaché aux quelques membres de sa famille encore en vie mais, plus que tout, à Eo, sa femme, qui voit en lui le héros qui bouleversera l’ordre établi. On n’a aucun mal à s’identifier à lui lorsqu’il la perd et qu’il s’effondre sous le poids du chagrin, ni même lorsque, miraculé, il décide de se servir de sa peine comme d’une arme pour la venger, elle et tous les siens.
J’ai par contre bien moins accroché aux parties suivantes même si l’action est prenante et que des rebondissements inattendus donnent du rythme au récit ( qui tend cependant à s’essouffler en partie 3 ). Les rapprochements avec des dystopies existantes sont inévitables, Hunger Games et Divergente notamment, puisque pour arriver au bout de la première étape de son plan Darrow doit participer à un cruel jeu de guerre qui oppose plusieurs maisons. Il y a du sang, de la trahison, une ambiance violente et glauque… rien ne nous est épargné! Et, finalement, l’aspect dystopie/science-fiction de l’histoire passe au second plan.
J’hésite du coup à poursuivre avec le second tome…

Pour résumer: Pierce Brown livre un roman efficace où l’action prend place dans un monde crédible et bien pensé ( même si ça sent le déjà-vu ), et on suit avidement les aventures de Darrow, propulsé héros malgré lui.
L’écriture est agréable, moderne et inventive ( l’auteur use et abuse de néologismes pour décrire les armes et la technologie – c’est un peu déroutant au début d’ailleurs ), et les différents personnages, Darrow en tête, forme une intéressante galerie ( Sevro et son père ont particulièrement retenus mon attention ).
Je comprends aisément que les fans de Hunger Games aient été conquis mais, personnellement, je sors de cette lecture un peu perplexe.

Des choix et de leurs conséquences

J’ai lu « Clarissa » de Stefan Zweig.

Clarissa

Le résumé: « « Le monde entre 1902 et le début de la Seconde Guerre mondiale, vu à travers les yeux d’une femme » : ainsi Stefan Zweig résumait-il le thème de ce roman, entrepris dans les derniers temps de sa vie et retrouvé dans ses archives.
Clarissa, fille d’un militaire autrichien, est née en 1894. À l’aube du premier conflit mondial, elle rencontre à Lucerne, en Suisse, un jeune socialiste français, Léonard, qui n’est pas sans évoquer Romain Rolland. La guerre les sépare, mais Clarissa attend un enfant.
Dans l’Europe déchirée, en proie à l’hystérie nationaliste, son acceptation de cette maternité va devenir, plus qu’une décision personnelle : un destin et un symbole.
Une œuvre testamentaire où le grand écrivain autrichien résume, de façon poignante, son idéal humaniste et son désespoir.« 

Comme certains d’entre vous, je suis amoureuse de la plume de Stefan Zweig.
J’ai découvert cet auteur avec le célébrissime « La confusion des sentiments », et ça a été une vraie révélation. J’ai du coup enchaîné avec plusieurs titres sur une courte période avant de faire une pause de peur d’épuiser toute son œuvre ( oui je sais, c’est idiot ^^ ).

Ce qu’il faut savoir avant tout, c’est que ce roman est inachevé et qu’il a été publié après la disparition de l’auteur. ça en fait forcément un livre un peu à part.

Personnellement, j’avoue ne pas avoir grand chose à en dire.
L’histoire est simple: on suit sur plusieurs années – de 1902 à 1920/30 – le destin de Clarissa, jeune fille de bonne famille ayant grandi sans mère et dans l’ombre d’un père obsédé par sa mission dans l’armée, sur fond de Première Guerre mondiale.
Ayant passé une dizaine d’années dans un établissement privé, elle se retrouve totalement dépourvue lorsque son père lui annonce qu’il quitte Vienne et qu’elle et son frère vont devoir gérer leur vie seuls. Ne connaissant rien du monde qui l’entoure, elle décide au hasard d’une rencontre de s’intéresser de plus près aux sciences de l’éducation – en plein essor à l’époque – et devient la secrétaire particulière d’un psychiatre passionné par le sujet. Et, lors d’un voyage en Suisse entrepris pour rendre service à son patron, elle rencontre celui qui, alors qu’elle ne s’était jusque là jamais intéressée aux hommes ( ni de près ni de loin ), va faire chavirer son cœur et la placer – malgré lui – dans une situation particulièrement difficile.
Clarissa va donc devoir faire le choix le plus important de sa modeste vie, à l’aune de sa propre situation et de celle, mouvementée, de l’Europe de ce début de XXe siècle.

L’histoire est simple donc, et intéressante de par la mise en parallèle de la petite et de la grande Histoire, et, comme d’habitude avec Zweig, la plume particulièrement belle.
Mais le personnage central de ce roman, Clarissa, ne m’a pas particulièrement touchée. L’auteur lui prête un caractère introverti et peu enclin à la confidence et nous ne savons finalement pas grand chose d’elle, de ce qui fait sa vie et de ce dont sont faites ses pensées ( ou alors de façon très superficielle ). Difficile donc de s’approprier son histoire et de s’identifier à elle ( même si elle fait un choix plutôt osé pour l’époque en optant pour des études et un travail plutôt qu’un mariage ). Difficile aussi d’être réellement ému par son parcours et d’entrer pleinement dans le récit.
De plus, la période de sa vie qui dévoile un peu de son humanité – son histoire d’amour avec Léonard –  ne représente qu’une petite partie du roman et ne suffit pas à nous la rendre sympathique.

L’intérêt du livre ( que l’on peut présenter comme un joli portrait de femme ) tient donc finalement plus dans la description en arrière-plan de la vie en temps de guerre, et l’évocation de la place de l’Autriche dans le conflit, que dans l’histoire de Clarissa à proprement parler ( dont la fin est abrupte puisque le livre n’a pas été achevé ).
Mais lire du Zweig est toujours pour moi un réel plaisir et jamais ( ô grand jamais! ) une perte de temps.

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D’être une femme

J’ai lu « Attachement féroce » de Vivian Gornick.

p1010819

J’ai reçu ce livre dans le cadre de la dernière Masse Critique organisée par Babelio.

Le résumé: « Icône du journalisme en Amérique, Vivian Gornick a surtout connu le succès en Amérique avec ses textes autobiographiques. Le plus « culte » , Attachement féroce, publié en 1987, paraît pour la première fois en français. Dans la lignée de L’Année de la pensée magique de Didion ou de Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? de Jeanette Winterson, Gornick s’empare d’un sujet universel : les relations mère-fille. Dès les premières pages, on tombe sous le charme de cette mère puissante et terrible. Vivian raconte l’amour fou qui les lie et leurs marches dans la ville. Elles arpentent New York et leur vie, avec une lucidité qui frappe en plein cœur.« 

« Attachement féroce » est un livre autobiographique aux airs de journal intime, dont le fil rouge est la relation riche mais compliquée entre l’auteure et sa mère.
Dans une atmosphère très personnelle sans pour autant être trop intimiste, Vivian Gornick délivre ses souvenirs tels qu’ils lui reviennent en mémoire, avec un ordre chronologique parfois bouleversé, émaillant son discours du récit de ses déambulations rituelles dans les rues de New York avec celle qu’elle aime sans pouvoir s’empêcher de la détester.

La figure de la mère est bien évidemment au centre du livre. Celle de l’auteure est un personnage singulier: immigrée juive, communiste convaincue, elle parle un anglais impeccable ( ce qui lui vaut le respect de ses pairs ), est une femme au foyer insatisfaite mais folle amoureuse de son mari, a un avis sur tout et tout le monde et ne se gêne pas pour le donner en étant persuadée d’être dans le vrai ( et ne prend du coup pas en compte l’avis d’autrui ou le rejette systématiquement ), elle rêve d’une vie hors de son appartement mais se retrouve finalement perdue et profondément déstabilisée le jour où elle doit partir en quête d’un travail… Elle est une somme de contradictions à elle seule et occupe une place immense au sein de sa famille et de son entourage, laissant peu de place à sa fille et à ses proches pour exister.
Vivian Gornick décrypte leur relation d’une façon particulièrement juste et incisive et, malgré la difficulté qu’elle a eu à vivre aux côtés de cette mère envahissante et par moments terriblement castratrice, elle rend hommage à la femme unique qu’elle était, imposante et intelligente.
A travers elle et en esquissant le portrait des autres femmes de sa vie ( sa tante, sa voisine de palier… ), c’est également aux femmes en général que son hommage s’adresse, à leur complexité et leur unicité, à leurs forces et leurs faiblesses, à leurs combats quotidiens. Et en distillant ses souvenirs de jeune fille, d’adolescente pleine de questionnements et de femme mariée et/ou amoureuse incertaine, c’est l’histoire de toutes les femmes qu’elle raconte, ce long chemin semé d’embûches qu’elles doivent parcourir pour se construire.
Elle confie le piège que cela peut représenter de vouloir vivre ses propres expériences en allant contre l’avis de sa mère ( qui est malgré tout un repère ), le rapport au corps, à la sexualité et aux hommes, l’importance de la culture et des études, les introspections sans fin à la recherche du bonheur ou, tout au moins, d’un certain équilibre…

En contant les longues marches qu’elle et sa mère ont l’habitude de faire dans les rues de New York, Vivan Gornick dit l’amour qu’elle voue à sa ville et, particulièrement, à son identité cosmopolite. Elle la décrit comme une ville bouillonnante, riche, profondément humaine et, à l’image de ses habitants, aux visages multiples.
Son histoire de fille d’immigrés ayant grandi dans un quartier populaire ( pauvre même ) de la Grande Pomme est celle de millions d’autres new-yorkais, profondément liés à leur communauté tout en s’ouvrant à la modernité, fiers de leur identité unique.
Elle raconte avec beaucoup de bienveillance et de tendresse la vie dans un immeuble modeste, sa famille à la même enseigne que toutes les autres, le lien étroit entre les femmes qui s’entraident mais savent aussi se critiquer et se juger, la position centrale de sa mère au sein du groupe, le modèle féminin qu’a représenté sa voisine Nettie, l’influence durable qu’elle a eu sur sa vie de femme et d’amante, et, finalement, la façon dont elle s’est peu à peu extraite de cette existence en vase clos sans pourtant jamais vraiment s’en défaire.

L’attachement du titre est donc multiple et, dans tous les cas, viscéral, et la plume précise et franche de Vivian Gornick – révélatrice de son intelligence et de son érudition – en dresse objectivement les contours ( elle n’est jamais complaisante envers elle-même ou les autres ).
Je ne connaissais absolument pas cette auteure, journaliste et féministe convaincue avant de lire cet ouvrage, et je dois avouer que j’ai aimé faire sa connaissance, celle de sa mère aussi, et arpenter avec elles les rues de leur ville chérie. J’ai été touchée par ses souvenirs, notamment ceux consacrés à sa vie de femme amoureuse, je me suis presque sentie chez moi dans cet immeuble vivant du Bronx, et j’ai tourné les pages avec empressement.
C’est en plus un livre qui se lit vite donc je ne peux que vous conseiller d’en faire la découverte par vous-mêmes.

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