Mois : mai 2017

Sign of the times

Ça me fait un peu mal de l’avouer mais j’ai complètement craqué sur le premier titre solo de Harry Styles: « Sign of the times », présent sur l’album qui porte modestement son nom.
J’ai arrêté de m’intéresser aux boys bands au début des années 2000 et je n’ai absolument pas suivi la carrière des One Direction, j’avais juste bien aimé leur titre « Steal my girl » ( dont le clip m’avait interpellée à cause de la présence de Danny DeVito ) mais pas plus.
Mais ce titre solo s’est imposé à moi dés la première écoute – sans que je sache qui en était l’interprète au départ – et lorsque j’ai vu le sublime clip tourné en Écosse ( par Woodkid, un réalisateur et musicien français – pour lequel Harry s’est trimballé durant des heures au dessus de la campagne écossaise relié par un câble à un hélicoptère ) j’ai définitivement accroché.
A grand renfort de piano, cette balade met en avant des paroles émouvantes et une interprétation à la fois sobre et intense de Harry. Un bon gros plaisir coupable en somme! ^^

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A écouter sans modération ici et en live .

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Bob Verschueren, l’homme qui murmure à l’oreille des arbres

Vendredi dernier, comme tous les vendredis soir ou presque, j’étais sagement installée devant « Silence ça pousse » ( sur France 5 ) quand j’ai découvert l’incroyable travail de Bob Verschueren.
Bob est un artiste belge autodidacte qui, après avoir commencé par la peinture ( sur toile ou en pleine nature – avec les Wind Paintings, réalisées avec le concours du vent ), s’est finalement tourné vers la création d’installations monumentales à partir d’arbres morts ou destinés à être coupés. Il n’hésite pas à se rendre directement en forêt pour trouver les spécimens idéaux et s’adjoint les services de ceux qui y travaillent pour mettre en œuvre ses idées ( souvent le résultat de ses rêves nocturnes ).
Il réfute toute idée de message dans son art, mais y voit une tentative de réponse aux questionnements humains sur le temps, la vie et la mort, le rapport entre l’Homme et la nature ( et ses conséquences )…
Ses œuvres sont donc composées de parties d’arbres et prennent le plus souvent place au cœur de cette nature qui l’inspire ( mais aussi au sein de lieux d’exposition ), qu’il respecte ( les créations s’adaptent au milieu et au terrain, pas l’inverse ) et qui représente un espace de travail sans limite. La notion de cycle est particulièrement présente puisque les installation viennent de la nature et y retourne, soumises aux effets de la course du temps et des éléments. A terme, seules la photo et la mémoire permettent de garder une trace du passage de l’artiste.

Voici quelques exemples de son travail:

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Plus de photos ici, et le reportage à revoir jusqu’à ce soir.

De nos vies entremêlées

J’ai lu « Assez de bleu dans le ciel » de Maggie O’Farrell.

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Le résumé: « Une maison à des kilomètres de tout.
Autour, rien que l’herbe verte, les trembles aux feuilles chargées de pluie et le ciel changeant du Donegal. Ce refuge, Daniel Sullivan s’apprête à le quitter le temps d’une semaine pour se rendre aux États-Unis, son pays d’origine. C’est l’anniversaire de son père, qu’il n’a pas vu depuis des années.
Dans la voiture qui le conduit à l’aéroport, une voix retentit à la radio : celle d’une femme dont il est sans nouvelles depuis vingt ans, son premier amour.
Les souvenirs se déversent. Replonger dans le passé, comprendre ce qui le pousse à abandonner ceux qu’il aime, Daniel ne pense plus qu’à ça.
Mais il y a son épouse Claudette, star de cinéma fantasque, passionnée, qui a choisi d’organiser sa propre disparition pour échapper au monde. Comment lui révéler l’homme qu’il est véritablement ? Que peut-il encore promettre, lui qui n’a jamais su que fuir ?« 

J’ai reçu ce livre dans le cadre d’une masse critique Babelio ( encore merci à eux et aux éditions Belfond ).

« Assez de bleu dans le ciel » est le second roman de Maggie O’Farrell que j’ai l’occasion de lire après « L’Étrange disparition d’Esme Lennox » ( qui m’avait fait l’effet d’une gifle ).
Ici l’auteure s’intéresse de près à Daniel, professeur linguiste américain à la stature imposante et à l’histoire personnelle agitée, marié à la mystérieuse et bouillonnante Claudette pour l’amour de qui il a accepté de vivre dans un coin perdu d’Irlande, au fin fond du Donegal.
On le découvre dans son quotidien, en route pour donner un cours et prendre l’avion vers son pays natal pour l’anniversaire d’un père qu’il hait plus que tout. Les enfants sont dans la voiture, Claudette ouvre tour à tour les 12 portails qui les séparent de la civilisation, et Daniel écoute distraitement la radio. La vie suit son cours donc, jusqu’à ce qu’une voix se fraie un chemin sur les ondes et l’entraîne malgré lui vers une sombre période de son passé, une période qu’il avait tout fait pour oublier.
Impossible désormais de faire semblant, Daniel est bouleversé et n’a d’autre choix que d’affronter ses démons pour préserver tout ce qu’il a construit avec Claudette.
S’en suit une périlleuse quête de vérité et de rédemption entre les États Unis, l’Angleterre et l’Irlande, où il renouera avec ses anciennes vies tout en essayant de garder son présent hors d’atteinte, faisant même le choix de taire ses motivation à la femme de sa vie… à tort ou à raison.

Comme toujours, Maggie O’Farrell déroule le destin de son personnage principal à la manière d’un peintre qui commence une nouvelle toile: les premiers coups de pinceau semblent désordonnés, déposés au hasard, puis le tableau prend peu à peu forme, les couleurs s’assemblent et, finalement, tout devient clair et évident.
On découvre donc Daniel en 2010, alors qu’il vit en Irlande avec sa femme Claudette, Ari le fils que celle-ci a eu avec Timou, son ancien compagnon cinéaste dont elle a été la muse et grâce auquel elle a connu la gloire, et leurs enfants Marithe et Calvin. Toute la famille vit heureuse dans leur maison du bout du monde et rien ne semble pouvoir troubler leur tranquillité. Mais le passé de Daniel ressurgit dans ce tableau idyllique et bouleverse l’équilibre durement gagné.
Pour nous éclairer sur sa quête désespérée et ses motivations, l’auteure nous emmène dans le passé du personnage, lorsqu’il était encore étudiant à l’université et qu’il vivait une histoire d’amour passionnelle avec Nicola Janks, celle dont la voix est venue le percuter ce fameux jour, et lorsqu’il était un père de famille dévoué auprès de ses deux premiers enfants, Niall et Phoebe, pour la garde desquels il s’est battu mais dont il a finalement été séparé pendant de trop longues années. Mais Maggie O’Farrell ne s’arrête pas là. Pour que nous saisissions bien tous les enjeux humains de l’histoire, tous ses engrenages, elle braque également son projecteur sur certains moments de la vie de Claudette, ancienne gloire du cinéma ayant fui la célébrité avec son enfant sous le bras, sur certaines des personnes qui ont croisé sa route ( son ancien compagnon, l’assistant de celui-ci, son frère… ) ou celle de Daniel ( son ancien meilleur ami Todd, son ex Nicola, ses enfants… ), et met ainsi en lumière les interactions entre chacun d’eux et les évènements qui ont fait de Claudette et Daniel ce qu’ils étaient au moment où tout a dérapé, en 2010, et ce qu’ils sont aujourd’hui en 2016.
La psychologie de chaque personnage est fouillée, aucune de leurs pensées – même les plus intimes – ne nous sont épargnées et, au final, nous n’ignorons aucun des aspects de leur vie ( aucun de ceux qui concernent l’histoire en tous cas ). C’est d’ailleurs ce qui nous les rend si proches et donne au récit une dimension particulièrement humaine.

« Assez de bleu dans le ciel » est donc un roman dense et riche, intelligemment écrit et qui touche son lecteur en plein cœur.
Le nombre de personnages et les allers-retours dans le passé peuvent déstabiliser au début mais, personnellement, c’est une des caractéristiques de l’écriture de Maggie O’Farrell que j’apprécie. Elle lui permet de distiller habilement des indices sur l’histoire et la personnalité de ses personnages tout en éveillant notre intérêt de façon exponentielle.
J’ai été touchée par Daniel, ses blessures et son lourd passé, par Claudette aussi, son charisme et sa boulimie de liberté, mais également par les personnages secondaires, chacun à leur façon ( Nicola et Niall particulièrement ). Leur histoire fait forcément écho à la notre et nous rappelle que chacun de nos choix, chacune de nos décisions, a des conséquences sur notre vie, mais aussi sur celle de nos proches.
J’ai donc passé un très agréable moment en leur compagnie et, si vous avez le goût des destins uniques et agités, émouvants surtout, je ne peux que vous le recommander.

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