De la nécessité de garder un sombre secret

J’ai lu « Tugdual – Les cœurs noirs » ( tome 1 ) d’Anne Plichota et Cendrine Wolf.

Tugdual

Le résumé: « Ce qui peut leur arriver de pire : tomber amoureux…
Serendipity, petite ville du sud des états-Unis. Tugdual, dix-huit ans, fait partie d une famille pas tout à fait comme les autres : comme lui, Mortimer, son frère de dix-sept ans, et Zoé, sa sœur de seize ans, sont dotés de pouvoirs surnaturels qu’ils doivent dissimuler.
Mais un autre secret pèse encore plus lourdement sur leur cœur : ils exercent malgré eux une attraction irrésistible sur les autres. Et, bien pire, cette attraction est mortelle pour ceux qui la subissent.
En dépit de leur prudence, ils vont bientôt découvrir que d’autres connaissent leur secret. Derrière une apparente bienveillance, qui sont-ils ?
Alors qu’une véritable organisation se met en place autour d’eux et que leur mal continue de les ronger, ils font néanmoins leur possible pour vivre comme n’importe quels ados.
Mais quand l’amour s’en mêle, les choses se compliquent dangereusement…« 

Ce qu’il faut savoir avant tout, c’est que la série « Tugdual » – composée de trois tomes – est le spin off de la saga « Oksa Pollock »- qui compte six tomes.
J’avais donc quelques appréhensions en débutant cette lecture, ne sachant pas s’il était indispensable d’avoir lu la saga originelle ou pas.

Tugdual, Mortimer, Zoé, leur mère Barbara et leur grand-père Abakoum forment en apparence une famille comme les autres mais ils cachent en fait un terrible secret. Mortimer est en effet le seul enfant naturel de Barbara – Zoé est sa cousine, Tugdual son demi-frère -, et si tous ont voyagé sans réel but pendant des mois c’est pour protéger les gens de leur pouvoir d’attraction destructeur, un pouvoir hérité des délires mégalomaniaques du père de Tugdual et Mortimer: le désormais défunt Orthon.
Les trois adolescents émettent en effet de puissantes phéromones qui les rendent irrésistibles aux yeux du commun des mortels, et un seul baiser de leur part aspirent toute vie chez le malheureux élu, ne laissant de lui qu’un corps vieilli méconnaissable.
Alors que Zoé et Tugdual ont déjà fait des victimes et que la menace plane sur Mortimer, tout espoir d’avoir un jour une vie normale semble perdu. Mais Abakoum finit par trouver une solution qui leur permet d’entrevoir un avenir plus serein: il donne à chacun d’eux un bracelet serti d’un cristal qui absorbe les phéromones tant que le soleil brille, et décide d’installer sa famille dans la petite ville en apparence tranquille de Serendipity.
Les adolescents, heureux d’être enfin presque comme tout le monde, s’inscrivent au lycée, se font des amis et se réjouissent des habitudes du quotidien.
Mais c’était sans compter sur la difficulté qu’il y a à tenter de garder un secret tout en se liant aux autres, et sur le fait que ce qui est secret pour les uns ne l’est pas forcément pour les autres…

Ces derniers temps, et contrairement à mes habitudes livresques jusque là ( qui étaient en très grande partie tournées vers les romans et recueils de nouvelles dits « classiques » ), je ressens le besoin de me plonger dans des univers fantastiques, et c’est bien dans le but de me changer les idées que j’ai jeté mon dévolu sur ce premier tome de « Tugdual ». En même temps, comment résister au minois de ce héro charismatique? ^^
Comme je l’ai évoqué plus haut j’avais cependant quelques appréhensions. D’une, parce que je craignais qu’il soit souvent question d’Oksa et de ses aventures au cours du récit, de deux, parce que je n’avais pas envie de retrouver dans cet univers des points communs avec d’autres sagas connues ( comme Harry Potter ou Twilight par exemple ).
Pour le premier point, il est effectivement question d’Oksa et de son passé commun avec Zoé, Mortimer et – surtout – Tugdual, mais ça n’empêche en rien la bonne compréhension de l’intrigue et de ses enjeux, ça entretient le mystère qui entoure les 3 héros et ça donne une petite idée de la complexité de l’histoire d’Oksa ( et, pourquoi pas, envie de lire sa propre saga ). Le passé des adolescents reste volontairement nébuleux, les auteures distillant quelques indices avec parcimonie tout au long du récit, juste de quoi aiguiser notre curiosité et nous faire tourner les pages avec empressement.
Pour le second point, j’ai vite été rassurée puisqu’en dehors de l’attraction qu’ils exercent sur leur entourage – qui peut rappeler le charisme envoûtant de certains personnages d’autres sagas, comme Edward dans « Twilight » par exemple – et de leur baiser mortel – qui intervenait déjà dans la série télévisée « Heartless », diffusée en juillet sur France 4 -, leur histoire est plutôt originale. Leur sécrétion hors norme de phéromones n’est en fait pas leur seul pouvoir, et leur nature semble plus tenir du super héro que du vampire ou du simple sorcier. Ils agissent d’ailleurs comme tel en tentant de contrebalancer l’aspect violent et sombre de leurs aptitudes par la mise en place de missions destinées à aider leur prochain.

Ces deux point mis à part, « Tugdual » a tous les ingrédients nécessaires pour nous faire passer un bon moment. Ce livre tient à la fois du palpitant récit fantastique, avec tout ce qu’il faut de suspens, d’intrigue et d’action, de l’enquête policière, parce que la ville de Serendipity et ses habitants ne sont en fait pas si banals que ça, et du parcours initiatique adolescent classique. Zoé, Mortimer et Tugdual doivent en effet gérer, en plus de ce qui découle de leur nature particulière, tout ce qui fait la vie d’un jeune lambda: l’amitié, les sentiments amoureux, les exploits sportifs, les activités extra-scolaires… sans pour autant que l’on tombe dans les clichés du genre. Et ça ne les rend finalement que plus « humains ». Tout comme leurs personnalités, bien distinctes, et les interactions des uns avec les autres, à la fois emplies de pudeur et pétries d’amour.
Le style des auteures est très agréable, notamment parce que moderne ( le récit est par exemple émaillé de références musicales contemporaines qui le rendent plus concret et plus réel ), et j’ai vraiment apprécié l’attention qu’elles ont portée aux sentiments et aux pensées de chaque personnage, toujours précisément et habilement explicités.
Bref, même si ce n’est pas à mes yeux la saga du siècle ( avis purement subjectif ), j’ai passé un bon moment en compagnie de Tugdual et de sa famille et je lirai avec plaisir les deux tomes suivants.

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