De l’absurdité de la vie

Il y a quelques jours j’ai fini de lire « Brûlons tous ces punks pour l’amour des elfes » de Julien Campredon.

Brûlons tous ces punks
Je n’ai pas acheté ce livre, c’est une amie qui me l’a gentiment envoyé.

Je vous rappelle le résumé: « Julien Campredon est une légende et si vous demandiez à tous les éditeurs, ils seraient unanimes: il n’existe pas.

Ou alors, s’il existe, il est insupportable et tout à fait du genre à vous proposer sans sourciller: un orateur capable de tuer d’ennui un mauvais auditoire; un musée sous alarme assailli par des hordes de punks et défendu à la mitraillette; un écrivain qui se change en calamar; la romance intime et violente d’un chasseur de plumes de paon et d’une énigmatique étrangère triste, et des vendanges décadentes sur fond de the Clash.

Pourtant, ne vous y trompez pas, Julien Campredon est aussi, à sa manière bien particulière, un excellent fabuliste. La réalité entre ses doigts glisse régulièrement vers le conte et le merveilleux. Mais attention, pas de gentilles fées ou d’elfes souriants chez lui. Les sirènes sont séduisantes parce qu’en fin de compte elles sont à demi- nues, les vieux saules à la Tolkien n’aiment pas du tout qu’on leur pisse dessus, et s’il est question de divination, ce n’est pas dans les boules de cristal ou les marcs de café, mais bien dans les lignes moites des culottes des filles. »

J’avais ce titre dans ma wishlist depuis un petit moment déjà, et quand l’occasion de le lire s’est présentée j’ai évidemment sauté dessus ( encore merci Valérie ). J’avais lu pas mal de bonnes critiques à son sujet et j’étais curieuse de pouvoir enfin découvrir ce qui se cache derrière ce titre énigmatique.
J’ai malheureusement été déçue.

« Brûlons tous ces punks pour l’amour des elfes » est un recueil de nouvelles, 9 en tout ( plus une note d’éditeur en début d’ouvrage qui compte pour une dixième ), qui fait la part belle à l’imagination débridée et déjantée de son auteur. Le style et le ton varient d’un texte à l’autre – il y a même un récit avec accent du Sud intégré – et des thèmes variés sont abordés, tous sous un angle différent et très personnel: le gaspillage de l’argent public, l’attachement aux racines familiales, la tentation amoureuse/sexuelle, les défaillances de Pôle emploi et le difficile accès au travail pour les jeunes, l’adultère, la course à la célébrité…
J’ai moi-même le sens de l’humour et j’aime bien délirer quand l’envie me prend, je suis même la reine du second degré et j’aime l’absurde, mais je dois avouer que malgré ça je n’ai absolument pas réussi à me sentir proche de l’univers de Julien Campredon et je suis restée en marge de son écriture. J’ai souvent eu l’impression qu’il était allé trop loin et qu’il m’avait perdue quelque part en chemin. Seules quelques nouvelles m’ont parlé, dont « La branleuse espagnole » et « Tornar a l’ostal ou les mémoires d’un revenant », et je suis bien malgré moi restée complètement hermétique à d’autres, notamment celle qui a donné son titre au livre ( j’en cherche encore le pourquoi du comment… ).
J’ai bien compris le sens de l’ensemble, la volonté affirmée de pointer du doigt tout ce qui déraille dans notre monde, mais je n’ai pas été sensible à la forme. Je n’étais sans doute pas le bon public…

[ Julien, si jamais tu passes par là *accent toulousain ON*: 1/ désolée pour mon avis tout pourri 2/ merci pour ton évocation du Sud pétrie d’amour 3/ j’ai overkiffé la dernière nouvelle du recueil, c’est de loin ma préférée ( toute en finesse, sensibilité et tout et tout… ) 5/ encore pardon mais chez moi, dans mon Tarn-et-Garonne natal – enfin non, techniquement je suis née dans le Lot-et-Garonne mais on ne va pas chipoter , on dit les choses comme on les pense ( et on chante « Se canto » à pleins poumons aux fêtes de familles et aux repas entre voisins, mais ça tu le sais déjà ). *accent toulousain OFF* ]

A côté de ça je suis heureuse d’avoir découvert par le biais de cette lecture une nouvelle maison d’édition: Monsieur Toussaint Louverture. Ils ont un ( petit ) catalogue varié et des visuels de couvertures vraiment sympa, à l’esthétique graphique qui accroche le regard ( parce que oui, une belle couverture c’est important ).
Mention spéciale à leur site internet qui ne paie pas de mine au premier abord mais qui regorge de petits trésors d’humour dans ses parties « listes », « articles » et « suggestions », je n’ai d’ailleurs pas fini de tout explorer.

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6 réflexions sur “De l’absurdité de la vie

    1. Dans l’ensemble non, je n’ai pas plus accroché que ça, mais il y a quand même quelques nouvelles qui sortent du lot.
      Julien Campredon a aussi écrit « L’attaque des dauphins tueurs », tout un programme! ^^

      J'aime

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