D’un destin qui défie les pronostics

Il y a quelques jours j’ai fini de lire « On s’est déjà vu quelque part? » de Nuala O’Faolain.

On s'est1

Je n’ai pas acheté ce livre, je l’ai reçu suite à un concours organisé par le site On l’a lu.
Je ne connaissais absolument pas la maison d’édition, Sabine Wespieser Editeur, et je n’avais rien lu de l’auteure, Nuala O’Faolain, bien que j’ai déjà entendu parler d’elle à plusieurs reprises.
En grande fan de l’Irlande que je suis j’étais ravie de pouvoir en apprendre plus sur cette île par le biais du récit autobiographique que constitue ce livre.

Le résumé: « Née à Dublin en 1940, dans une famille de neuf enfants, Nuala O’Faolain se dépeint, dans ce premier livre, comme « l’Irlandaise type : une pas grand-chose, issue d’une longue lignée de pas grand-chose » : devenue chroniqueuse à l’Irish Times, après un brillant parcours universitaire et journalistique, elle raconte ici, avec spontanéité et humour, comment elle n’est pas restée une Irlandaise type.
Cette évocation de ses souvenirs n’a pourtant rien d’une success story : au fil des aventures sans lendemain, des plongées dans l’alcool, elle dit avec une honnêteté scrupuleuse sa solitude, sa difficulté à se détacher du modèle maternel, et l’impossibilité de trouver l’âme sœur, qu’elle cherche avec un sentimentalisme souvent à l’opposé de son féminisme exacerbé.
Avec ses contradictions, ses enthousiasmes, ses souffrances et ses passions – la lecture en est une, et pas des moindres –, Nuala O’Faolain construit un livre qui va droit à l’essentiel : son humanité sans fard. »

Nuala O’Faolain a été une brillante journaliste et documentariste. Elle a notamment officié à l’Irish Times dés la fin des années 80 et y a rédigé de nombreuses chroniques. Quelques années plus tard, lorsqu’un éditeur lui propose de regrouper ses écrits au sein d’un livre, elle accepte et compose pour l’occasion une longue préface sous forme de mémoires. C’est de ce récit, paru en 2002, qu’il est ici question.

« On s’est déjà vu quelque part » est par définition un livre très personnel, intime, qui, au travers de l’évocation de l’enfance, de la jeunesse et des expériences affectives et professionnelles de l’auteure, nous offre une plongée dans l’Irlande, la vraie, sans complaisance aucune et avec une grande sincérité.
Nuala O’Faolain s’exprime simplement et se livre naturellement, sans fards, comme elle l’aurait fait après d’un ou d’une amie. Elle raconte son Irlande, dont les contours n’ont longtemps été que ceux des différentes villes où elle a vécu, n’ayant pour seuls points de repère que sa famille, si bancale malgré les apparences et n’ayant qu’une très vague idée de ce qui pouvait se passer dans le reste du pays. Elle dit la difficulté d’être l’enfant d’une mère dépassée par ses nombreuses et successives maternités, alcoolique et dépressive, et d’un père, figure publique puisque lui-même journaliste, qui ne se préoccupe que peu des siens. Elle explique à quel point les livres ont toujours compté pour elle et comment la chance a joué en sa faveur pour lui permettre, contrairement à ses autres frères et sœurs, de faire des études et d’échapper au destin de femme au foyer qui semblait tout tracé. Elle conte le lourd poids de la religion et le difficile rapport à la sexualité dans une Irlande figée dans le passé et les conventions, ses errances entre expériences sexuelles ratées, parfois violentes, toujours accompagnées de la peur de tomber enceinte, et périodes de quasi fanatisme religieux. Elle raconte la joie d’étudier à l’université, d’abord à Dublin puis en Angleterre, à Oxford, l’exaltation des rencontres qu’elle y fait, son penchant pour les hommes de savoir, ses histoires de cœurs foireuses. Elle témoigne de ce que voulait dire être une femme dans l’Irlande des années 60/70, les débuts du féminisme, la place prépondérante des hommes dans la société. Elle relate ses débuts dans le monde du travail, son exil professionnel en Angleterre puis son retour au pays, qu’elle apprivoise peu à peu au point de se sentir enfin vraiment Irlandaise, son amour des voyages, parfois presque improvisés et qu’elle vit en aventurière avec son amie Nell. Elle dit la solitude affective, l’absence d’enfant, la peur de ne plus jamais être aimée par un homme et la distance qui existe entre elle et ses frères et sœurs malgré l’amour. Tout ça et bien plus encore…

Il est difficile de résumer un tel livre, si riche et si personnel. On parcourant ses pages on a l’impression de lire un journal intime et on s’excuse presque tout en se sentant proche de celle que l’on apprend à connaître au fil des lignes.
C’est une lecture assez unique, émouvante, marquante. Ce livre a fait beaucoup de bruit en Irlande lors de sa sortie parce que Nuala O’Faolain y dit tout haut tout ce que beaucoup avaient toujours passé sous silence, il a aussi été un gros succès littéraire aux États-Unis et, maintenant que je l’ai lu, je n’ai aucun mal à comprendre pourquoi.
Je ne peux donc que vous le conseiller.

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5 réflexions sur “D’un destin qui défie les pronostics

  1. Je ne connaissais pas du tout, et j’ai très envie de le découvrir !
    Je crois même que si je l’aime, comme tu l’aimes (ça fait beaucoup de fois le verbe aimer), je l’offrirais à une de mes amies amoureuse de l’Irlande !
    Merci 🙂

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    1. Chouette ^^
      Il y a un documentaire qui a été réalisé sur sa vie en 2012, « Nuala » par Patrick Farrelly, et j’ai maintenant très envie de le voir pour en apprendre plus sur elle. Elle est malheureusement décédée en 2008 mais je pense que ses écrits ont encore beaucoup de choses à m’apprendre.

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