De la sombre vérité derrière les apparences

Il y a quelques jours j’ai fini de lire « Le treizième conte » de Diane Setterfield.

Le treizième conte

Le résumé: « Vida Winter, auteur de best-sellers vivant à l’écart du monde, s’est inventé plusieurs vies à travers des histoires toutes plus étranges les unes que les autres et toutes sorties de son imagination. Aujourd’hui, âgée et malade, elle souhaite enfin lever le voile sur l’extraordinaire existence qui fut la sienne. Sa lettre à Margaret Lea est une injonction : elle l’invite à un voyage dans son passé, à la découverte de ses secrets. Margaret succombe à la séduction de Vida mais, en tant que biographe, elle doit traiter des faits, non de l’imaginaire. Et elle ne croit pas au récit de Vida.
Dès lors, les deux femmes vont confronter les fantômes qui hantent leur histoire pour enfin cerner leur propre vérité… »

Avant de jeter mon dévolu sur ce roman je n’avais lu à son sujet que des critiques élogieuses. Charmée par la superbe couverture et par l’aura de mystère qui entourait le résumé je me suis laissée tenter et… je ne le regrette absolument pas: ce livre est une petite merveille!

La plume de l’auteure est un pur régal, Diane Setterfield a un style simple et précis à la fois, d’une grande finesse, où chaque mot, chaque phrase et chaque expression sonne juste. Elle nous entraîne dans son monde avec une facilité déconcertante et on se retrouve dés les premières pages baigné dans une atmosphère délicieusement enveloppante et envoutante.
Le récit principal, celui de Miss Winter – dense et riche, nous est livré par celle que l’on prend d’abord naïvement pour l’héroïne, Margaret, grâce à l’astucieux système de la mise en abyme: l’histoire qui nous est contée est elle-même racontée à la jeune femme. Et c’est bien elle le véritable personnage principal.
Ce récit est difficilement classable car il tient tout à la fois du roman gothique, du conte pour enfants et de l’enquête policière, mais ce n’est jamais déstabilisant ( bien au contraire ). On passe d’un genre à l’autre avec bonheur, suivant le fil de l’intrigue avec avidité, en étant sans cesse surpris, émerveillé ou même effrayé. Il n’y a jamais de flottement et on en vient à redouter le moment où la fin se dessine à grands traits.

Le personnage de Margaret occupe le second plan mais n’en n’est pas pour autant bâclé. L’auteure dresse le portrait en filigranes d’une jeune femme amoureuse des livres, sensible, introvertie, à l’intelligence aiguisée et qui souffre depuis toujours d’un terrible non-dit qui plane sur sa famille et dont elle porte les cicatrices visibles et invisibles. Habituée à passer inaperçue, notamment parce qu’elle ne fait rien pour se faire remarquer, elle est on ne peut plus surprise lorsque la plus grande romancière britannique la choisit pour en faire sa biographe officielle.
Cette dernière enchaîne depuis plusieurs dizaines d’années les succès littéraires et, bien qu’étant un personnage publique, a toujours entretenu le mystère autour de sa propre vie en maintenant les journalistes et ses lecteurs dans le mensonge. Passée maître dans l’art de s’inventer de multiples existences elle décide, la maladie l’ayant prise en otage, de révéler enfin la vérité. Toute la vérité, dans ce qu’elle a de plus dur et de plus dérangeant, de plus incroyable aussi.
Margaret et elle se retrouvent donc en tête-à-tête afin de coucher sur le papier ce qui avait été tu jusque là et que personne ne pouvait imaginer. Et ce qui apparaît d’abord comme une association incongrue et commence comme un duel se transforme, au fil des mots dictés et des vérités avouées, en une relation complexe et profondément humaine.

Je ne veux pas en dire plus afin de ne pas gâcher votre plaisir… Mais je ne peux que vous conseiller fortement de vous y plonger!

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12 réflexions sur “De la sombre vérité derrière les apparences

      1. Il m’a été conseillé par Poppinsis , laquelle a eu raison de mon inquiétude (scepticisme ?) devant tout phénomène littéraire 😉 . Qu’elle en soit remerciée : j’ai été conquise par les destins de Werner et Marie-Laure – et presque convertie à Jules Verne ! Quelle belle exploration de l’enfance et de l’adolescence, poétique, surprenante et fantastiquement romanesque…

        Aimé par 1 personne

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