De l’égalité homme/femme face à l’amour

Il y a quelques jours j’ai fini « Les hommes sont des maîtresses comme les autres » de Guillaume Chérel.

Les hommes

Je vous rappelle le résumé: « L’amant qui n’est pas tout… n’est rien », écrivait Balzac. Jérôme en fait l’amère expérience, lorsqu’il reçoit des nouvelles, via Facebook, de son premier amour, Ava, une rousse explosive perdue de vue trente ans plus tôt. Le quadragénaire retrouve sa belle… mariée et mère de famille. Il devient son amant. Euphorie des retrouvailles, frustration de l’attente, Ava joue avec le feu. Cet amour surgit du passé aura-t-il un avenir ?« 

Vous connaissez désormais mon manque d’enthousiasme en ce qui concerne les romances et, comme je vous l’avais dit lors de l’achat de ce livre, j’espérais ( naïvement peut-être ) que Guillaume Chérel allait me réconcilier avec le genre.
Et bien… c’est un total échec ( mais je ne désespère pas, une autre histoire d’amour m’attend dans ma PAL ).

J’avais craqué pour ce roman en voyant sa couverture, dont le graphisme est efficace, et parce qu’il présente les choses d’un point de vue masculin. J’avais donc de grandes espérance par rapport à son contenu mais j’ai été cruellement déçue.
Le livre présente effectivement une histoire de cœur mais fait surtout la part belle aux difficultés inhérentes à la place d’amant puisque son héros s’éprend d’une femme mariée. Ladite femme n’est autre que son ancien amour de jeunesse, celle qui occupait toutes ses pensées d’adolescents, mais auprès de laquelle il n’a jamais osé tenter sa chance. Après une année passée côte à côte au lycée et un bisou volé ( qui a marqué notre amoureux transi au fer rouge ), le destin les a séparés et chacun a fait sa vie jusqu’à ce jour où, plus de vingt ans plus tard, elle le recontacte via Facebook et se montre on ne peut plus « open » malgré son statut marital. S’en suivent 3 ans d’une relation qui démarre sous le signe de la passion avant de peu à peu s’essouffler et de finalement s’éteindre faute d’être entretenue.

Sur les 153 pages qui composent ce roman, seul un tout petit tiers est consacré à l’histoire d’amour en elle-même, le reste n’est que plaintes et longues séances de prises de tête stériles, constellé de-ci de-là de passages érotiques .
Le personnage principal se lance tête baissée dans ce qu’il pense benoitement être la chance de sa vie, mettant sciemment de côté le fait que l’objet de son amour est déjà pris et n’a aucunement l’intention de quitter sa moitié, et réalise peu à peu ce que nous, lecteurs, avons compris dés le début: à savoir que c’est clairement une voie sans issue et qu’il va y laisser des plumes.
Le fait que le récit soit au masculin ne change finalement rien à l’affaire, si on avait eu une héroïne en lieu et place du héros ça aurait été la même chose. Le propos manque de profondeur et le style de l’auteur n’arrange rien: le texte est alourdi par de répétitifs jeux de mots de mauvaise qualité
( qui se veulent drôles ) et par l’usage de citations qui n’apportent rien à l’ensemble. Il n’y a aucun relief, aucune surprise, c’est sans saveur.
Et, cerise sur le gâteau, le livre se finit par une conclusion illustrée par des principes de psychologie de comptoir qui permettent au personnage principal de montrer qu’il sort grandi de l’histoire, d’éviter de trop charger les femmes ( mais un peu quand même ) et de faire son mea culpa. Tout ça pour ça donc…

Vous l’aurez compris, ce ce n’est pas un roman que je garderai en mémoire.

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16 réflexions sur “De l’égalité homme/femme face à l’amour

  1. Tiens je viens de sortir d’une histoire d’adultère moi aussi qui ne m’a pas convaincue (Moment d’un couple de Nelly Alard). Je pense que je ne vais pas m’arrêter sur celui-ci alors !

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      1. J’ai lu L’attente de Catherine Charrier, un adultère féminin, dans lequel le personnage va tenter de se construire au contact de son amant. Les premières pages sont brouillonnes, l’auteur cherche le bon registre mais une fois lancée c’est une très belle histoire. Ensuite j’ai également lu Nous étions faits pour être heureux de Véronique Olmi, elle nous épargne les atermoiements des couples adultérins, sur celui qui quittera ou non son partenaire, mais c’est bien plus une amitié, teintée d’amour et c’est ce qui m’a plus.

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        1. Moi j’avais lu « Passion simple » et « Se perdre » d’Annie Ernaux, qui traitent aussi de l’adultère, mais ça n’avait pas non plus été une franche réussite. J’avais plus souffert qu’autre chose en me demandant à chaque page si je n’allais pas arrêter…

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      1. Je crois qu’on aime toutes ne pas être négatives quand on écrit une chronique, mais on ne peut pas aller contre nos sentiments si on veut rester honnêtes. 🙂 Ca n’empêche pas les gens d’essayer quand même, heureusement.

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