Du long chemin vers la liberté

Hier après-midi j’ai fini de lire « La dernière fugitive » de Tracy Chevalier.
C’est un roman que j’avais choisi un peu par hasard ( il n’était pas dans ma wishlist ) en furetant parmi les nouveautés poche sur le site de la Fnac. L’univers des Quakers attisant ma curiosité depuis un moment déjà ( tout comme celui des Amish ), je n’avais pas été longue à l’ajouter à ma sélection.

La dernière

Le résumé: « Quand Honor Bright se décide à franchir l’Atlantique pour accompagner, au coeur de l’Ohio, sa sœur promise à un Anglais fraîchement émigré, elle pense pouvoir recréer auprès d’une nouvelle communauté le calme de son existence de jeune quaker : broderie, prière, silence. Mais l’Amérique de 1850 est aussi périlleuse qu’enchanteresse ; rien dans cette terre ne résonne pour elle d’un écho familier. Sa sœur emportée par la fièvre jaune à peine le pied posé sur le sol américain, Honor se retrouve seule sur les routes accidentées du Nouveau Monde. Très vite, elle fait la connaissance de personnages hauts en couleur. Parmi eux, Donovan, «chasseur d’esclaves», homme brutal et sans scrupules qui, pourtant, ébranle les plus profonds de ses sentiments. Mais Honor se méfie des voies divergentes. En épousant un jeune fermier quaker, elle croit avoir fait un choix raisonnable. Jusqu’au jour où elle découvre l’existence d’un «chemin de fer clandestin», réseau de routes secrètes tracées par les esclaves pour rejoindre les terres libres du Canada. »

Je n’avais pas lu « La jeune fille à la perle », le best seller de Tracy Chevalier, j’ai donc découvert son écriture avec ce livre et je n’ai pas été déçue. Elle a un style très agréable, simple et sans fioritures, qui permet au lecteur de s’immerger sans mal dans l’univers qu’elle décrit.
J’ai donc été happée dés les premières pages, pour mon plus grand plaisir.

Le personnage principal, Honor, est une jeune femme qui n’a connu jusque là que la sécurité du foyer parental et de la communauté d’Amis ( le nom que se donnent les Quakers entre eux ) de sa ville natale, Bridport, en Angleterre. Sa vie semblait toute tracée jusqu’à ce que son fiancé la quitte et bouleverse par son geste tout ce qu’elle tenait pour acquis. Déstabilisée, ne se sentant plus à sa place parmi les siens, elle décide de suivre sa sœur dans son voyage vers les États-Unis où elle doit se marier et débuter une toute nouvelle vie. Mais le destin n’est pas une ligne droite et Honor se retrouve seule en terre inconnue après que sa sœur, sa seule famille sur ce territoire qui lui paraît bien hostile, soit décédée de la fièvre jaune. Effondrée, perdue et effrayée, elle prend la décision de poursuivre la route qu’elles avaient entamée à deux et de rejoindre celui qui devait devenir son beau-frère, s’en remettant aux Amis qui croisent son chemin et à Belle, une modiste au caractère bien trempé qui va jouer un rôle décisif dans sa vie.
La jeune femme finit donc par arriver à Faithwell, bourgade formée de quelques maisons et d’un magasin au stock plus que limité, qui n’a de ville que le nom. N’ayant d’autre choix que celui de vivre avec l’ex futur mari de sa sœur et la belle-sœur de celui-ci, désormais veuve, elle tente tant bien que mal de se faire une place et d’apprivoiser ce pays où tout est si différent de son Angleterre chérie.

« La dernière fugitive » est donc avant tout le récit d’un parcours initiatique, celui d’une femme qui, seule, loin de tout ce qu’elle a toujours connu, va voir ses habitudes et ses convictions mises à mal, et qui va essayer malgré tout de trouver sa place. Je n’ai eu aucun mal à m’identifier à ce personnage et j’ai partagé ses peurs, ses découvertes et sa lutte pour être elle-même et pouvoir vivre selon ses principes. J’ai été émue par son attachement à ce qui touchait à son passé, à ses fameux quilts notamment ( des édredons réalisés selon la technique du patchwork – j’ai trouvé un chouette site qui en parle ici ), et j’ai aimé découvrir un peu plus encore l’univers des Quakers, la simplicité et la droiture de leur vie.
Tracy Chevalier s’appuie sur l’histoire d’Honor, totalement fictive, pour aborder des sujets universels tels que la solitude, l’entraide, le partage, les valeurs, la tolérance…, et historiques, comme la vie aux États-Unis au XIXe siècle, les us et coutumes des Quakers et la fuite des esclaves des champs de coton du Sud aux états libres du Nord ( et au Canada ) par le fameux « chemin de fer clandestin ». Je connaissais déjà quelques détails de chacun de ces thèmes mais j’ai apprécié la façon dont l’auteure les a traités et mêlés les uns aux autres. J’ai appris grâce à elle que les Amis avaient toujours prôné l’égalité des hommes et s’étaient de ce fait élevés contre l’esclavage ( et que, contrairement à ce que je pensais, leur organisation ne compte pas de clergé ) et j’ai un peu mieux appréhendé la réalité de la vie en Amérique alors que la majorité du territoire restait à découvrir ( ça m’a évidemment fait pensé à « La petite maison dans la prairie » ).

« La dernière fugitive » est donc un livre prenant, qui fait passé son lecteur par de multiples émotions et dont on tourne les pages avec plaisir. C’est une immersion totale dans un monde que nous, européens, ne connaissons finalement pas si bien que ça et qui mérite que l’on s’y attarde un peu.
C’est également un roman très visuel que l’on imagine sans peine adapté au cinéma.
Bref, j’ai beaucoup aimé et j’ai désormais envie d’approfondir ma connaissance de l’époque et du monde des Quakers. Je ne peux que vous le conseiller.

 

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16 réflexions sur “Du long chemin vers la liberté

    1. Ce premier livre m’a donné envie d’en lire d’autres, je pense que le prochain sera « Prodigieuses créatures » ( dont le résumé est plutôt alléchant ).

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    1. Oui, il est bourré de détails. Il faut dire que l’auteure s’est particulièrement documentée, sa bibliographie ( en fin de livre ) est longue comme le bras! ^^

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  1. Je n’ai pas encore lu celui-ci mais j’aime beaucoup Tracy Chevalier, je te conseille La jeune fille à la perle, son best-seller en effet mais surtout Prodigieuses créatures !

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    1. J’ai vu le film adapté de « La jeune fille à la perle », et j’ai beaucoup aimé, et je lirais sûrement un jour le livre mais pour l’instant j’avoue être plus attirée par « Prodigieuses créatures » 😉

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  2. Une amie me l’a conseillé et avec ton billet, j’en sais un peu plus. Il a l’air en effet à la fois très prenant et intéressant. J’avais d’ailleurs beaucoup aimé  » La jeune fille à la perle ». Je le note, merci !

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