Des jeux de l’amour

J’ai fini hier « Chéri » de Colette.

Chéri

Le résumé: « Léa de Lonval, une courtisane de près de cinquante ans, est la maîtresse de Fred Peloux, surnommé Chéri. A mesure qu’elle éprouve le manque de conviction croissant de son jeune amant, Léa ressent, avec un émerveillement désenchanté et la lucidité de l’amertume, les moindres effets d’une passion qui sera la dernière. Pourtant il suffira à Chéri d’épouser la jeune Edmée pour comprendre que la rupture avec Léa ne va pas sans regrets. »

Je n’avais jamais rien lu de cette célébrissime auteure et, attirée par le résumé, je me suis dit que ce roman serait le bon pour découvrir sa plume. J’en ressors… comment dire… plus que mitigée.

J’ai apprécié le style de Colette dans les passages narratifs, dans les descriptions aux accents poétiques, j’ai aimé le soin qu’elle a porté au choix des mots, vecteurs d’émotions, et le portrait qu’elle a brossé de ses personnages, tout en subtilités… mais je n’ai pas adhéré au contexte et j’ai été gênée par les dialogues que j’ai trouvés trop datés.
Je n’ai pas été charmée par l’univers des demi-mondaines finissantes que sont Charlotte Peloux et Léa, peut-être justement parce qu’on ne sait pas grand chose de ce qu’a été leur vie de courtisane. Le sujet est à peine évoqué lorsque la seconde se remémore ses anciens amants; j’aurais aimé qu’il soit plus développé pour mieux cerner leur personnalité et mieux comprendre ce que Léa a sacrifié en s’engageant sur le long terme ( 6 ans ) avec Chéri.

Le principal n’est pas là me direz-vous.
L’essentiel du propos tient en effet dans la relation entre les deux personnages principaux.
Mais là non plus je n’ai pas été transportée, notamment à cause de l’aspect quasi incestueux de leur histoire. Léa a vu grandir Chéri, proche de sa mère ( sa meilleure ennemie ) elle a toujours occupé une place importante dans sa vie, un peu comme une marraine ou une tante, et celui-ci la gratifiée dés son plus jeune âge du surnom affectueux et enfantin de « Nounoune ». Mis à part la dimension charnelle de leur relation, ce qu’il y a entre eux tient plus d’un rapport mère/enfant qu’autre chose. Il agit en enfant gâté, fait des caprices, pique des colères, là où elle agit en maman en lui faisant la leçon, en lui donnant des conseils et en le chouchoutant. Elle s’adresse à lui à grands coups de « mon enfant », « petit », ou de « nourrisson méchant ».
Il voit en elle la mère que n’a pas été la sienne et elle en lui l’enfant qu’elle n’a jamais eu.
ça m’a dérangée.

J’ai cependant aimé compatir aux difficultés rencontrées par Léa lorsqu’elle se retrouve seule et qu’elle sent le poids de l’âge peser chaque jour un peu plus sur ses épaules, essayant tant bien que mal de s’accommoder à sa nouvelle vie faite d’attente et de vide. Qu’il est cruel de voir les premières rides apparaître quand on doit sa vie et sa réussite à son apparence!
Les errances de Chéri m’ont touchée aussi, qui, sa maîtresse partie, ne sait plus où il en est et se retrouve incapable de tenir son rôle d’époux.
J’ai aussi apprécié les questions soulevées par leur liaison en ce qui concerne la différence d’âge
( on espère jusqu’au bout, comme l’héroïne, que l’âge ne compte pas ) et j’ai été émue par le passage qui décrit leurs retrouvailles ( le seul que j’ai lu d’une traite, avec plaisir ), mais c’est tout.

Je ne garderai donc pas de cette lecture un impérissable souvenir mais, allez savoir pourquoi, ça m’a donné envie de voir l’adaptation cinématographique de 2009, réalisée par Stephen Frears, avec Michelle Pfeiffer, Kathy Bates et Rupert Friend. Je pense que, pour cette histoire là, les images me toucheront plus que les mots…

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5 réflexions sur “Des jeux de l’amour

  1. Je n’ai pas accroché à La maison de Claudine. Malgré cette déception et ton avis plutôt mitigé, j’ai envie de découvrir l’œuvre de Colette. Comme dit quaidesproses pour la culture ça ne fait pas de mal.

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    1. C’est certain!
      Et puis ce n’est qu’un livre parmi tous ceux que Colette a écrits, son œuvre et riche et multiple. Cette déception n’a en rien entamé mon envie de découvrir cette auteure 🙂

      ( et mes avis ne sont à prendre que pour ce qu’ils sont: des chroniques subjectives )

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  2. Je ne l’ai ni vu (l’adaptation), ni lu… et après cette chronique, je n’ai toujours pas envie. Aha. Je ne crois pas que ce soit fait pour moi.. même si, pour ma culture, lire du Colette ne me ferait pas de mal…

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