Une seule vague

Reproduction d’une lettre de Tennessee Williams ( trouvée sur le chouette site Des Lettres ) qui me parle vu le manque d’inspiration qui est le mien ces derniers jours.
Je n’ai jamais rien lu de cet auteur mais « Un tramway nommé Désir » est en bonne place dans ma wishlist.

Chère Carson,
C’est vrai que parfois les bougies des lampes se consument vraiment lentement. Depuis ces cinq ou six derniers jours, je me tape la tête contre un mur de manque d’inspiration créative. J’ai seulement la force de réaliser des patch-work d’anciens brouillons mais je veux commencer quelque chose de nouveau. Les scènes, les situations, le dialogue ne prennent pas vie. Les personnages restent à moitié dans l’ombre, même dans une éclipse totale. Je bois deux tasses de café. Puis on sonne pour moi. Enfin, mon cœur commence à battre violemment et des points noirs apparaissent devant mes yeux et grossissent pour finalement commencer à tournoyer. Je sais que je devrais arrêter, tout abandonner pendant un moment. Alors je vais me promener dans les rues. C’est le premier jour du mois de Mars, le printemps est déjà là. Une brume dorée englobe toute la ville et je l’observe du haut de la Piazza di Spagna. Je me sens en quelque sorte réconforté. Mon cœur arrête de tambouriner de désespoir, je vais alors au bureau d’American Express où je trouve ta lettre et ton histoire. C’est alors que je me rends compte qu’il n’est pas nécessaire de tout faire et tout dire, qu’il existe d’autres écrivains dans le monde possédant des âmes bien plus sensibles que la mienne et un plus grand pouvoir que moi. Cette pensée est parfois vexante mais aujourd’hui, je la trouve brillante. Oui, l’individualité est une chose accidentelle. Un seul être, un seul, n’implique pas autant d’importance et de responsabilité qu’il dit assumer. Peut-être est-il impossible de penser, de sentir et d’exister par d’autres canaux que les sens mêmes de chaque individu, même si tous les autres gravitent tout autour de nous. Là où tu échoues, un autre réussi. La responsabilité est divisible à l’infini : la vie est multiple : une seule vague peut être contrecarrée, pas la marée ! (…)
Chérie, je dois maintenant retourner au lit – le petit dieu m’a gardé éveillé toute la nuit – mais je dois prendre « The ballad of the Sad Café » avec moi et le lire avant de dormir. Chaque jour te rend meilleure ! Aujourd’hui comme demain.
Tout mon amour.

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4 réflexions sur “Une seule vague

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