Les âmes vagabondes

Ce week-end je me suis enfin décidée à regarder l’adaptation cinématographique du roman de Stephenie Meyer ( heureuse créatrice de la mondialement connue saga « Twilight » ): « Les âmes vagabondes » ( « The Host » en V.O. ), avec l’actrice irlandaise Saoirse Ronan pour incarner le personnage principal.

Le pitch: la Terre est envahie par des entités extra-terrestres, les Âmes, qui ont pris possession de la quasi totalité des corps humains. Seuls quelques irréductibles résistes et refusent la transformation, tentant tant bien que mal de survivre dans un monde où les Traqueurs sont à leurs rousses. Mélanie Stryder est de ceux-là, accompagnée de son petit frère et de Jared, rencontré par hasard alors qu’elle était en quête de nourriture et dont elle est tombée éperdument amoureuse.
Sa course pour la liberté se voit fortement compromise lorsque, sur le point de se faire prendre par l’ennemi, elle décide de tenter le tout pour le tout… et se retrouve malgré elle dans l’autre camp.

                                          ( cliquez sur l’affiche pour voir la bande-annonce )

Comme vous vous en doutez ce film est à ranger dans la catégorie désormais célèbre des dystopies. Malheureusement toutes les adaptations de romans ne sont pas réussies et celle-ci souffre de nombreux défauts, malgré une histoire au premier abord intéressante et pleine de potentiel. Le soucis numéro un vient de la difficulté de faire prendre corps au personnage principal, Mélanie, une fois sa transformation opérée. Lors de cette étape, son corps devient en effet l’hôte d’une Âme ( reconnaissable au fait que les yeux deviennent bleu clair ), nommée par les siens Vagabonde, tout en demeurant le réceptacle de l’esprit de la jeune femme. Ce dernier lutte coûte que coûte pour sa survie et, alors qu’à l’écran n’évolue qu’une seule personne, on entend deux voix. Et, comment dire… ce n’est pas une franche réussite! Comme souvent dans les films de science-fiction ( allez savoir pourquoi ), le réalisateur a pris le parti de faire des envahisseurs des êtres froids, tant dans leur gestuelle que dans leur manque d’expressivité, ce qui donne un jeu d’acteurs essentiellement plat. Vagabonde n’échappe donc pas à la règle: elle est sans relief, et son caractère est en opposition directe avec celui de son hôte, dont la voix off, à la résonance manquant cruellement de naturel et de crédibilité ( j’ai vraiment eu du mal à m’y faire ), traduit la frustration, l’énergie et la ténacité.
Heureusement de cette cohabitation forcée nait une intrigue amoureuse qui éveille peu à peu l’intérêt du spectateur. Vagabonde/Mélanie est, suite à quelques péripéties, amenée à retrouver Jared et à faire connaissance avec les membres du groupes de résistants auprès duquel il s’est réfugié. Et si on devine le jeune homme touché de pouvoir de nouveau poser les yeux sur sa bien-aimée, on comprend également bien vite qu’il a pleinement conscience d’avoir à faire à une toute autre personne. Mais l’Âme qui occupe l’enveloppe de son amie n’est pas vindicative et gagne sans mal la confiance de quelques uns, dont Ian, qui abandonne ses violentes intentions ( éliminer le « parasite » ) au profit de sentiments qui compliquent un peu plus la situation. On se retrouve donc avec un carré amoureux à l’apparence de triangle ( puisque les deux personnages féminins occupent le même corps ) dont la problématique n’est pas sans rappeler celle du roman de David Levithan, « A comme aujourd’hui »( dont j’avais parlé ici ): qu’adviendrait-il de l’amour que l’on porte à une personne si l’apparence de celle-ci venait à changer? Aime-ton quelqu’un pour son âme seule ou son être entier?
Malheureusement l’attrait de cette romance, servie par une musique plutôt envoutante, est quelque peu terni par des longueurs, un manque de rythme certain et un aspect bien trop cucul
( qui est, de mon point de vue, la marque de cette chère Stephenie Meyer ). Les difficultés sentimentales résultant du partage du même corps par deux personnes ne sont pas assez exploitées, on se lasse vite des atermoiements des protagonistes et de leurs échanges de
( chastes ) baisers trop souvent répétés. Je n’ai pas coutume de penser ça à propos d’un film,
mais je crois qu’une scène de sexe n’aurait pas été de trop pour aller au bout de la problématique soulevée et mettre un peu de piquant dans tout ça. C’est là que l’on se rend compte que cette adaptation est bel et bien destinée aux jeunes adolescents, et plus précisément aux jeunes filles.
J’aurais pu vous parler aussi de l’interprétation de Diane Kruger en traqueuse mais ça n’en vaut franchement pas la peine, elle est, à mon avis, totalement passée à côté du rôle.

Bref, l’histoire de base est plutôt prometteuse mais le résultat final est décevant. Même la fin, trop prévisible à mon goût, n’a pas réussi à me faire dire que ce film en valait la peine.
Peut-être le livre est-il plus percutant…

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4 réflexions sur “Les âmes vagabondes

  1. J’avais beaucoup appréciée le livre à sa sortie, mais je suis déçue qu’elle n’est pas fait de suite étant donnée que la fin nous laissait avec beaucoup de questions ( et il est rare que je dise cela ). Le film n’est pas si mal, mais un petit quelque chose est de trop ou de pas assez, je n’en suis pas ressortie pleinement satisfaite non plus malheureusement.

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    1. C’est toute la difficulté de l’adaptation: soit on coupe dans la masse du/des livre(s) et on risque de passer à côté de détails importants, soit on garde un maximum de choses et on perd en rythme et en efficacité.
      Je pense aussi qu’il est nécessaire que le réalisateur ait correctement saisit l’esprit du roman, sinon c’est peine perdue…
      Mais bon, c’est un film agréable à regarder quand même 🙂

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